Le pouvoir rhétorique de Clément Viktorovitch

Livre le pouvoir rhétorique
Quatrième de couverture :

La rhétorique est partout. Dans les discours politiques comme dans les spots publicitaires. Dans les réunions professionnelles comme dans les diners de famille. Dans les entretiens d’embauche comme dans les rendez-vous galants. Pas un jour ne passe sans que nous ayons à défendre une idée, un projet, un produit ; et à nous protéger contre d’éventuelles fourberies. Que cela nous plaise ou nous, convaincre est un pouvoir. A nous d’apprendre à le maitriser. Et de savoir y résister.

Car la rhétorique n’est ni innée, ni inexplicable. Elle repose sur une technique, obéit à des règles, mobilise des procédés, des stratagèmes, des outils. Dans ce traité accessible et concret, ponctué d’exemples et de cas pratiques, Clément Viktorovitch nous en révèle tous les secrets. Au fil des pages, il nous montre comment produire et décrypter les discours, mener les débats et les discussions, déjouer les manipulations.

L’art de convaincre est un pouvoir trop grand pour ne pas être partagé !

Pour qui je conseille ce livre :

Pour moi, c’est un livre que tous les citoyens devraient lire car nous sommes continuellement noyés sous des tonnes d’informations. Informations rarement purement factuelles, mais cherchant toujours d’une façon ou d’une autre à nous rallier à un point de vue. Dans une période où les fake news et réseaux complotistes pulullent, et où la société se polarise, il me semble indispensable d’apprendre à détecter les rouages rhétoriques utilisés. Au delà de cet aspect sociétal, je conseille aussi bien sûr ce livre à tous ceux qui veulent mieux apprendre à convaincre, que ce soit des dirigeants, managers, politiques, entrepreneurs, parents…

Ce que j’ai aimé dans ce livre :

Ce livre nous permet d’ouvrir les yeux sur la façon dont nous pouvons être influencés dans nos opinions et nous donne de clés très précises et variées pour mieux convaincre les autres dans le respect de notre éthique (ou pas…). J’ai particulièrement apprécié le ton de ce livre : pédagogique, nuancé et questionnant. 

  • pédagogique, car la volonté de l’auteur est de vulgariser les concepts et techniques rhétoriques. Pour cela, il propose de nombreuses études de cas, issues de la politique, du monde de l’entreprise, mais aussi de notre vie quotidienne. Et il en propose ensuite un décryptage. 
  • nuancé, car il n’est pas question de dire si tel procédé est bien ou mal, efficace ou totalement inutile. Comme souvent, cela dépend du contexte. Ce qui fait un lien avec mon troisième point 
  • questionnant, car l’auteur nous amène à réfléchir. Si un procédé peut nous sembler hors jeu en tant qu’auditeur, ne serions-nous pas pourtant prêts à l’utiliser en tant qu’orateur pour une cause qui nous semblerait d’une importance capitale ? Mais alors, où mettre les limites ?
Les messages qui m’ont marquées (extraits): 
  • En dépit de ses liens avec l’éloquence, la stylistique, la négociation, voire la manipulation, la rhétorique ne saurait être réduite à aucune de ses disciplines. Elle possède un champ propre : l’art d’argumenter, de plaire et d’émouvoir, afin de susciter ou de renforcer l’adhésion des individus aux propositions que nous leur soumettons.
  • L’art d’emporter la conviction ne se résume pas à celui de cristalliser notre pensée en arguments. Encore nous reste-t-il à incarner nos arguments en mots. Cette étape est cruciale. C’est elle qui va nous permettre de naviguer entre les dimensions explicites et implicites du discours
  • Attention à l’argument de bon sens qui consiste à mobiliser à son profit les évidences, en s’appuyant sur les constats les plus immédiats et les raisonnements les plus intuitifs. Pourquoi s’embéter à remettre en question ce qui va de soi ? A quoi bon perdre son temps à discuter de ce qui est hors de doute ? Cessons de tergiverser ! Si une chose s’impose à nous, c’est qu’elle est vraie. Si elle nous semble normale, c’est qu’elle est juste (…). Le problème, c’est que pour réfuter des arguments de bon sens, il faut passer par de longs et complexes développements. C’est la loi de Brandolini : la quantité de temps et d’énergie nécessaires pour dénoncer les idioties est très largement supérieure à celle nécessaire pour les énoncer
  • Attention à l’argument par l’exemple qui consiste à mettre en avant un cas particulier, non comme une illustration, mais bien comme un fondement d’une généralité.
  • 3 types d’objections pour contre-argumenter : les objections ad rem qui consistent à attaquer directement les arguments déployés par notre interlocuteur, les objections ad hominem qui consistent à attaquer la cohérence de la ligne argumentative et les objections ad personam qui consistent à mettre en cause directement la crédibilité des orateurs.
  • La raison n’a pas besoin des émotions pour aboutir à des conclusions erronées. Cependant, en saturant nos capacités cognitives, les contenus émotionnels altèrent notre aptitude à distinguer ce qui est vrai et rigoureux de ce qui est faux et frauduleux. ils nous rendent vulnérables aux sophismes et aux fausses nouvelles, des procédés au fondement des argumentations les plus fourbes
  • Par notre façon de nous tenir, de nous vêtir et de nous exprimer, nous pouvons contribuer à forger notre image. Il nous faut, pour cela, prêter attention à deux composantes en interaction. L’ethos préalable, dont nos auditeurs ont connaissance avant même que nous nous exprimions. Mais que nous allons pouvoir renforcer, modifier, ou corriger par notre ethos discursif, que nous forgeons de nous-même au travers de notre intervention. Ce travail de l’image par le discours doit être guidé par trois attributs généraux, qu’il nous faut parvenir à cultiver : paraitre sincères, compétents et séduisants.

Découvrez d’autres livres de ma bibliothèque sur la pensée critique :

Bref, pour moi, un livre incontournable en tant que citoyen et donc auditeur pour exercer notre esprit critique face aux informations que nous recevons en continu. Un livre également très riche d’enseignement en tant qu’orateur pour gagner en impact dans notre communication.